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mercredi 26 mars 2014

"We are happy" from Bamako

Le célèbre tube de Pharrell Williams a inspiré plus de 500 villes dans le monde (still counting), et Bamako n'échappe pas à la vague "Happy". Un petit condensé de bonne humeur et de visite des points clefs de la ville.

mercredi 27 mars 2013

L’intervention française au Mali

22 mars 2013; anniversaire du coup d’Etat du Capitaine Sanogo…enfin si l’on peut célébrer de tels évènements.
Déjà un an que l’économie du pays tourne au ralenti. Déjà un an que des milliers de maliens vivent dans des camps de réfugiés au Niger, au Burkina Faso et en Mauritanie. Déjà un an que la situation humanitaire au Nord du pays est alarmante. Déjà un an que le Mali est au coeur de l’actualité et que les yeux du monde oscillent entre le drame syrien et le conflit idéologique au Nord du Mali.

Car il s’agit bien là d’un conflit idéologique. D’un côté nous avons différentes organisations se revendiquant de l’Islam prétendant défendre des lois divines, et de l’autre nous avons le Gouvernement Malien et ses alliés africains et occidentaux soucieux de limiter l’expansion de l’extrêmisme religieux et du terrorisme en Afrique de l’Ouest (et dans le continent d’une manière générale). 

De retour au Mali après plusieurs mois en République Centrafricaine (pays sous extreme tension actuellement qui mériterait un peu plus d’attention médiatique) je ne peut que constater un changement dans les rues de Bamako, visuel: la France est élevée au rang de sauveur du pays.

En effet, pendant mon absence la crise malienne a pris un tournant. L’intervention militaire française enclenchée le 11 janvier 2013 et la libération rapide des villes clefs par les troupes ont rendu la France trés populaire au Mali.
Pas besoin d’attendre bien longtemps pour s’en appercevoir: les avions des forces armées françaises sur le tarmac de l’aéroport international de Bamako Sénou et la présence de blancs en short et rangers plantent de suite le décor: le Mali est en guerre.
Et c’est la France, Ô sauveur du peuple du pétrole et du gaz malien qui intervient!

Une fois dans les rues de la capitale, on est vite frappé par le nombre de drapeaux français: sur les Sotrama (transport en commun), les boutiques, les motos, les bâtiments, etc. Il y en a partout! On croirait une célébration du 14 juillet!
Il y a meme des clips musicaux à la gloire de la France…ou comment l’ancien colon autrefois rejeté devient le messi en un claquement de canon doigt:


[ Cette intervention est pourtant d’un genre à part, puisqu’elle se caractérise par une absence criante de couverture médiatique dans les zones de combat. Les seules images diffusées sont celles de journalistes encadrés par l’armée française, filtrées donc (lire à ce propos l’article de l’association SURVIE).
Cette guerre est donc l’une des premières guerres modernes non couvertes par les médias…pourquoi?

“Peur” des journalistes? Difficultés d’accés? Des journalistes ont couvert tous les grands conflits – Vietnam, Yougoslavie, Irak, Syrie, etc – pourquoi pas le Mali?

La question reste ouverte, mais cet état de fait profite inévitablement aux armées combatants sur place et limite les risques de scandales. Car une guerre touche inévitablement des civils, quoi qu’on en dise.  Il y a, ou aura donc, des scandales, des bavures.
L’ONG Amnesty International a ainsi déjà tiré la sonnette d’alarme suite aux dérapages de certains soldats maliens, brutalisant des civils sous prétexte de leur appartenance ethnique (touaregs).

Le risque indéniable de ce conflit est en effet de voir des catégories entières de population stigmatisées, les raccourcis ‘touaregs et/ou africains à peau claire = rebelles’ sont déjà une réalité.
Eccueil malheureux dans lequel nous tombons régulièrement suite aux chocs et conflits ouverts[1]. Il faut des boucs émissaires, extérioriser les frustrations émotionnelles, et il est humain de vouloir se venger.
Toutefois il est également nécessaire que des instruments de contre-pouvoir – les medias - soit en mesure de dénoncer de telles dérives, afin de les canaliser. ]

En attendant, l’ambiance à Bamako reste sereine…et si nous avions des oeillères nous pourrions à peine nous rendre compte que nous nous trouvons dans un pays en guerre!
Le quotidien prends le dessus, les gens vaquent à leurs occupations, les embouteillages sont toujours là, la saison sèche nous fait transpirer et les dimanches à Bamako sont toujours jours de mariage…




[1] Bah oui, les français se sont bien dit suite au 11 septembre que : ‘musulman = extremiste’ ou encore plus fun : ‘arabe = musulmans terroriste’.
QUOI les conflits ethniques ne seraient pas réservés à l’Afrique ? On m’aurait menti ?

mardi 11 septembre 2012

Les ONGs au Mali

Le Mali se classe malheureusement bas au classement des pays, fonction notamment du PIB/habitant avec la 173e place sur 178 (PNUD, données 2009).
Aussi le pays est le terrain de jeu de nombreuses ONGs, menant des projets variés sur l'ensemble du territoire.
Traditionnellement on divise les ONGs entre celles qui mènent des projets de développement, et celles qui interviennent dans l'urgence.
La première catégorie d'acteurs de la solidarité est partie lors du coup d'Etat. En effet il devient difficile de mettre en place des projets lorsque la sécurité des membres d'une structure n'est plus assurée et que le climat politique est plus qu'instable. A contrario, le changement brutal dans le paysage malien est devenue la raison d'implantation de plusieurs structures d'urgence.
Aussi nous avons pu assister à une vague de départ des travailleurs "développementalistes", suivie d'une arrivée en masse des acteurs de l'Urgence.
Mon quartier, Hippodrome 1, a pu voir ce changement de manière concrète, si j'ose dire. En quelques mois, nous avons vu "pousser" des pancartes aux noms bien connus des français: Solidarité International, Alima, ACTED...etc. Tous agissent dans l'urgence et participent à la distribution de biens de première nécessité aux maliens directement touchés par le conflit.


Leurs domaines d'action se situent principalement au Nord évidemment, mais aussi dans Bamako. ACTED (par exemple) soutient les familles qui hébergent leurs proches originaires des régions de Tombouctou sans avoir pour autant les ressources nécessaires.
"Depuis le début des conflits au Nord du Mali, près de 202,600 personnes ont fui leurs villages pour rejoindre les pays voisins (Burkina Faso, Mauritanie et Niger). On estime à 155,000 le nombre de personnes qui se sont déplacées à l’intérieur même du pays, notamment vers le Sud et la capitale, Bamako". Source Acted
Toutefois quelques acteurs du développement sont revenus dans le pays et tentent de faire subsister leurs projets, à l'instar des français du GERES. Ces derniers travaillent à la mise en place de filières locales et propres d'agrocarburants et au renforcement de service énergétiques pour le développement d'activités économique. Leur programmes sont évidemment ralentis par les évènements, mais ils tentent malgré tout de continuer.
Distribution de vivres à Bamako - Acted
Cet article n'est qu'une entrevue de la situation humanitaire du Mali, la réalité est évidemment bien plus complexe. Pour plus d'information, n'hésitez pas à vous rendre sur les sites internet officiels des ONGs présentes dans le pays.

vendredi 17 août 2012

L'Aïd el Fitr au Mali

Demain ce sera l'Aïd el Fitr au Mali, soit la célébration de la fin du mois de Ramadan.

C'est l'effervescence dans la capitale et tout le monde s'affaire pour s'offrir de nouveaux vêtements, des condiments et autres cadeaux. Les boutiques ne désemplissent pas et l'on peut sentir un engouement comparable à celui des semaines précédents Noël en Europe.

Et pour cause: l'Aïd est l'une des fêtes les plus importantes du calendrier musulman et chaque famille veut célébrer l'évènement dignement. La tradition veut d'ailleurs qu'un animal soit sacrifié pour l'occasion.
C'est pourquoi en ce moment buffles et autres chèvres envahissent Bamako, difficile ces jours-ci de circuler en voiture sans s'arrêter pour laisser passer un troupeau! (cf.photo ci-dessous, prise aujourd'hui en voiture à l'arrachée)


Mais cette année - vous vous en doutez - n'est pas comme les autres.

La crise au Nord ainsi que la sécheresse ont rendu ces produits de consommation plus rares...par conséquent les prix sur les différents marchés ont explosé! Il faut compter pas moins de 150.000Fcfa (230€) pour un petit buffle, et les prix peuvent monter jusqu'à 400.000Fcfa (610€)  pour un boeuf de première qualité! Le salaire moyen d'un malien étant de 39.000Fcfa, inutile de souligner que ces prix sont prohibitifs et que les familles doivent faire de gros sacrifices pour pouvoir s'offrir un animal.

Aussi et pour conclure cet article: "Aïd Moubarak w ten3ad 3aleykoum nchallah" à tous les musulmans!

jeudi 10 mai 2012

Let's go to Bamako

Un petit aperçu de la capitale!



Cette vidéo a été faite par Inna Modja, chanteuse malienne faisant aujourd'hui carrière en France.

dimanche 1 avril 2012

Les maliens & le coup d’Etat

I.                    L’espoir d’une vie meilleure

Je retrouve Bamo, je ne l’ai pas vu depuis une semaine, et lui demande ce qu’il pense du coup d’Etat et de Sanogo le nouveau dirigeant du pays.

Il me dit que c’est une bonne chose et qu’il était temps que le président parte : « On ne veut plus d’ATT, il faut que ça change »
- « Mais Bamo, les élections sont dans un mois et le président n’est pas candidat, alors pourquoi maintenant ? »
- « Tu sais ce n’est pas une question d’élections, tout est cher ici, on en a marre »
- « Et tu crois que les militaires vont faire baisser les prix ? »
- « Oui ».

II.                  Rêves de dictature (propos recueillis le 28/03/2012)

Un soir, nous décidons d’aller boire un verre dans un café sympa près de chez nous. Habitués de l’endroit, nous avons sympathisé avec l’un des serveurs et en profitons pour échanger sur le récent coup d’Etat au Mali [ndlr : le coup d’Etat a eu lieu le soir du 21 mars 2012].
Il nous dit que l’établissement a ouvert ses portes de nouveaux il y a quelques jours seulement et que les clients qui y logeaient sont restés coincés à regarder la chaîne de télévision nationale durant plusieurs jours, avant de quitter le pays. Leur séjour au Mali se sera résumé au trajet entre l’aéroport et Bamako. Dommage.
Nous lui demandons ensuite son point de vue sur le coup d’Etat, s’il soutient l’ancien président Amadou Toumani Touré (ATT) ou les putschistes. 
Il nous dit[1] : « ce coup d’Etat est un scandale, nous sommes un pays démocratique et je ne comprends pas comment des militaires puissent faire ça […] mais en même temps, tout ça c’est la faute d’ATT et de ses ministres. Comment on peut se rendre dans le plus important camp militaire du pays[2] pendant des émeutes, mépriser les gens qu’on a devant soi et tirer en l’air sans raison ?

Les militaires se révoltent car les leurs ce sont fait tuer au Nord par les Touaregs et ils estiment qu’ils n’ont pas le soutien du Président pour combattre. En réponse ATT envoi son ministre pour leur parler mais sans rien à leur proposer. Devant ce manque de respect, ils ont explosés »
On lui répond qu’ATT doit quitter le pouvoir d’ici un mois puisqu’il ne se présente pas aux élections, et qu’il n’avait sans doute pas envie de rentrer dans une guerre. Il doit sans doute préférer laisser son successeur régler ce problème.
Il rétorque : « sans doute, mais tu sais les plus grands ennemis de l’Afrique ce sont les africains[3]. Le continent est corrompu et les gens ne veulent pas travailler, on devrait fermer toutes les mosquées et les églises et forcer les gens à se mettre au travail »



Etonnée par les propos de ce petit gars tout frêle et souriant, je lui réponds : « Tu sais qu’on ne peut pas s’attaquer comme ça au lieux de cultes ? Les maliens sont trop attachés à la pratique de l’islam pour accepter ça »
Il s’emporte alors et me dit : « Je ne souhaite pas à l’Afrique de me voir un jour chef d’Etat, sinon ça va chauffer. Moi ce qui m’énerve le plus c’est qu’on ne peut même pas acheter ce qui est produit dans le pays. Je suis allé au pays Dogon à pied pour comprendre les valeurs de l’Afrique. Rentré à Bamako ce que je vois est différent, tout est ‘trop’, et je ne parle même pas du bazin[4]. Un bazin c’est minimum 30 000 Fcfa (45€), comment des maliens peuvent acheter ça ? Moi je ne pourrai jamais m’en payer un, ce n’est pas sérieux, mais non ici il y a des gens qui n’ont pas de quoi manger correctement qui s’en achète juste pour l’apparence ! Ça veut dire quoi ? Non, moi les gens qui en porte je ne les regarde même pas, ça m’énerve »
Le moment le plus percutant de la conversation est pour moi lorsqu’il m’a dit qu’il n’espérait rien pour lui et pour l’Afrique. Selon lui il n’y a aucun espoir car les gens se sont engouffrés dans une spirale autodestructrice. Il n’y aura pas de développement et les vies ne s’amélioreront pas, au contraire. De plus si les occidentaux ont autant d’emprise sur l’Afrique, c’est que les africains les laisse faire.
J’avais lu ces propos dans le livre controversé « Négrologie ; pourquoi l’Afrique meurt » de Stephen Smith, et les avaient trouvés horriblement racistes et défaitistes (en l’occurrence ce livre tire les mêmes conclusions que cet ami serveur, mais en les justifiants par des arguments sans fondements et des à priori racistes).
Entendre cela de la bouche d’un malien, c’est différent…et cela fait réfléchir.


[1] A noter que les propos qui vont suivre ont été retranscrit le lendemain de la conversation, aussi les mots sont sans doute quelques peu différents de ceux prononcés. Toutefois le sens et le contenu des propos sont strictement similaires et respectent les opinions des personnes en question.
[2] Camp militaire de Kati, en banlieue de Bamako, là où les affrontements ont commencé.
[3] Citation d’une chanson célèbre d’Alpha Blondy (chanteur de reggae ivoirien).
[4] Le bazin est un tissu de luxe importé le plus souvent d’Allemagne et teint au Mali. Le Mali a un savoir-faire inégalé dans la région en ce qui concerne la teinture de ce tissu.

samedi 11 février 2012

Au détour d'une rue..

Après avoir visité le marché des arts de Bamako, je suis restée un peu perplexe: des dizaines d'échoppes mais les pièces présentées se ressemblent toutes et les prix sont très élevés par rapport à la qualité proposée...

Par jeux de connaissance, nous avons ensuite rencontré un "tonton" - ami d'un ami d'un cousin qui a vu le loup - faisant lui même ses sculptures. Sous-entendu, il n'utilise pas de machine moderne.
La différence est saisissante! Les pièces ont un cachet certain, le bois est d'une meilleure qualité...et les prix (beaucoup) plus bas! Pour le plaisir des yeux donc, quelques pièces de ce tonton:


Un mois déjà!

Un mois déjà que j'ai quitté la France et me suis installée au Mali!

Bamako est une capitale agréable à vivre, bien que polluée. L'harmattan, ce vent sec qui vient du Sahara baisse la température d'une bonne dizaine de degrés (il fait moins de 20°) et rempli le ciel malien de poussière depuis quelques jours déjà! L'air est lourd, la visibilité réduite et il est difficile de respirer pleinement!